Malgrè toutes les mises en garde, la direction décide d'appliquer les sanctions. Quand Thierry Redon se présente à son poste de travail à 20h le 17 mars, il s'entend signifier par l'encadrement qu'il ne fait plus partie de la brigade de nuit. La trentaine d'agent de la brigade de nuit cesse alors immédiatement le travail, elle sera suivie par la brigade de jour c'est le début d'un conflit qui va durer quinze jours. |
Le 17 mars le conflit démarre en nuit, il se poursuit en jour et dans l'autre brigade de nuit. Une manifestation interpro a lieu le 19 mars à St Brieuc elle réunit plus de 400 personnes. La direction met aussitot en place des centres de tri parallèles dans des entrepôts près de Lamballe et y fait travailler des cadres.Elle fait également appel aux centres de tri supplétifs (Nantes...) Le lundi 22 mars les agents du centre de tri décide l'occupation du hall de la mairie de St Brieuc.La première nuit sera tendue avec la présence de nombreux CRS pour la manifestation paysanne. Vers 23H les agriculteurs déchargent des fagots et palettes devant la porte de la mairie et menacent d'y mettre le feu. Est ce la présence d'une cinquantaine de grèvistes du centre de tri et de la profession qui les en dissuade? Le mardi 23 mars, l'occupation s'organise, lits de camp, couvertures, équipes pour l'occupation et pour une présence au Centre de Tri. Chaque nuit un membre du secrétariat du syndicat départemental sera présent. Les responsables politiques interpelés depuis le début du conflit et même avant multiplient les interventions vers la direction départementale rien n'y fait. Toutes les tentatives de négociation échouent. Il parait évident que le directeur départemental a le soutien de la délégation ouest même si son directeur sait toujours ramener la balle au niveau du département. Le jeudi 25 mars, une forte délégation de grèvistes (100) malgrè la présence policière importante s'invite dans la salle de l'équinoxe où se déroule un débat sur l'aménagement du territoire avec l'ensemble des responsables politiques du département, des acteurs sociaux (Conseil économique et social ) et du ministre délégué Charles Josselin. .Le président du Conseil Général des Côtes d'Armor C. Le Breton laisse la parole au secrétaire départemental de la CGT Hervé Le Bars qui devant l'assemblée dresse en 1/4 d'heure un portrait de la répression syndicale au centre de tri tout en rappelant les revendications des agents qui permettraient une amélioration et un développement du service public.Le secrétaire régional de SUD intervient également quelques minutes.A l'issue de ces interventions, le ministre délégué rencontre la délégation hors de la salle et après discussion s'engage à intervenir immédiatement auprès de Christian Pierret pour demander le sursis pour les sanctions infligées. Même si la revendication reste la levée des sanctions, l'avancée semble réelle et le soir les 300 manifestants réunis devant la mairie toujours occupée espère sérieusement une issue positive au conflit. La manifestation se rend à la Direction Départementale. Une négociation s'engage, elle durera de 19h à 4h le lendemain matin avec un relevé de conclusion qui n'est pas accepté par les grèvistes. En effet les sanctions sont maintenues et la durée de ces dernières très floues. L'occupation de la mairie est levée le samedi soir. Il y a beaucoup de déception chez les grèvistes et tout ceux qui les soutiennent vis à vis des responsables politiques de la gauche plurielle. |
Le lundi 29 mars, la Commission éxécutive de la CGT PTT et les agents du Centre de Tri décident de se rendre à la direction départementale.Après avoir réussi à franchir les portes, la cinquantaine d'agents des PTT présents interpellent pendant plusieurs heures le directeur départemental de la Poste. Pendant ce temps une délégation régionale est reçue à Rennes.L'occupation de la Direction est levée vers 21h les agents se rendent alors à la mairie de St Brieuc où se tient le conseil municipal. Ils trouvent la porte close ce qui est illégal. Le prétexte invoqué d'une nouvelle manifestation paysanne ne peut camoufler la réalité : la municipalité ne veut pas une seconde occupation. C'est de force que les agents doivent pénétrer à l'intérieur du hall, on frôle l'incident dans une bousculade.La discussion avec le sénateur maire et la député de St Brieuc sera très vive, les agents leur disant ce qu'ils pensent de leur incapacité à se faire entendre par les dirigeants des entreprises publiques. |
14 jours de
grève de la faim La direction manifeste toujours le même entêtement mais elle est placée devant une situation inhabituelle : elle n'arrive pas à faire véritablement repartir le travail au centre de tri surtout en nuit. En effet comment les agents pourraient ils travailler normalement avec 3 collègues en grève de la faim dans la cour du centre. La direction envoie des huissiers tous les jours et envisage de faire évacuer de force la caravane. La Commission éxécutive départementale de la CGT PTT 22 dans une réunion exeptionnelle à 18h le jeudi 8 mars décide d'organiser une grande manifestation le lundi 12 mars au Centre de tri. Le lundi 12 mars, 400 personnes sont réunis au centre de tri pour exiger la levée des sanctions. La situation est très tendue, le directeur fait de la provocation et ce n'est que grâce au sang froid de militants CGT qu'il ne se fait pas molesté. Les camions sont bloqués et le meeting dynamique s'achève par un tous ensemble qui rappelle 1995. Le lendemain s'ouvrent de nouvelles négociations.Les sanctions sont maintenues mais des garanties sont cette fois donnée sur leur durée et sur les conditions de retour à leur poste des 2 camarades sanctionnés. Le mercredi 14 mars les 3 collègues mettent fin à leur grève de la faim. Pour la CGT PTT 22 l'action n'est pas terminée et il ne se passera pas un jour, pas une audience où la levée totale des sanctions sera demandée.Le meilleur moyen de gagner étant de créer un mouvement revendicatif fort à la Poste sur le département. |