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  • Accident mortel de Didier Frabolot

  • Déclaration préalable des représentants CGT

  • au CHSCT territorial de la DR Rennes

  • le 4 Mars 1999

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    Le vendredi 5 Février 1999, nous avons appris par le syndicat CGT de l’Eure le décès à l’hôpital d’Evreux de notre collègue et camarade Didier FRABOLOT, âgé de 42 ans et  père de 2 enfants.
  • Didier est tombé d’un poteau pourri alors qu’il effectuait son travail en binôme avec son collègue Laurent à Brionne le Mercredi 3 Février 1999.

    L’un de nos représentants dans ce CHSCT connaissait Didier et avait notamment travaillé avec lui pour réparer le réseau après la tempête de 1987 dans des conditions très difficiles.

    Nous avons tenu à exprimer par son intermédiaire notre tristesse et notre soutien à la famille ainsi qu’à tous ses collègues de travail de Bernay et Pont Audemer.

    Nous demandons que le CHSCT observe une minute de silence en sa mémoire tout à l'heure.

    Comme ses collègues nous ne pouvons accepter cet accident de travail qui aurait pu être évité et dont les dirigeants de France Telecom auront à répondre !
     
    France Télécom a essayé de se dédouaner en faisant paraître rapidement des flashs sécurité faisant porter toutes les responsabilités sur Didier en oubliant l’origine de l’accident : le poteau pourri.
     
    C’est révoltant, écœurant et criminel. Oui c’est écœurant car la CGT a dénoncé depuis plusieurs années le mauvais état du parc de poteaux et a fait des propositions pour faire sinon disparaître au moins diminuer fortement ce risque.
     
    Oui, les représentants CGT sont intervenus au CNHSCT du 24 Janvier 1996 pour exiger la mise en place d’un plan d’urgence prioritaire pour vérifier et traiter les poteaux contre un vieillissement prématuré et remplacer tous ceux qui présentent un danger immédiat. Nous avions également demandé l’enterrage total à long terme des lignes aériennes afin de régler définitivement les problèmes de sécurité posés, et de généraliser les camions nacelles.
     
    Les campagnes de prévention et de culpabilisation ne peuvent remplacer une véritable politique de prévention. Force est de constater la responsabilité de France Telecom qui au nom de la rentabilité met la vie de ses agents en danger.
     
    Le retard pris aujourd’hui dans le contrôle des poteaux et surtout dans leur changement ne peut qu’aboutir à des drames. Il faut stopper la politique du « risque calculé » et mettre la main à la poche.
     
    Plutôt que d’assurer une véritable maintenance préventive du parc de poteaux les dirigeants de France Telecom joue à la loterie avec notre vie.
     
    Avec ses milliards de bénéfices France Telecom peut et doit entretenir son parc de poteaux.
    Les représentants CGT dans les CHSCT mettront tout en œuvre pour que plus jamais ce type d’accident ne se renouvelle.
     
    Tout en considérant qu’il faut absolument amplifier les campagnes de prévention notamment sur le sondage des poteaux, avec le personnel nous exigeons immédiatement des camions nacelles pour tous les travaux en hauteur, une accélération du processus de contrôle et de changement des poteaux douteux.
     
    Nous tenons solennellement a rappeler dans ce CHSCT les obligations des chefs de service et d’Unités en matière de prévention des risques professionnels, d’information et de formation ainsi que dans la mise en place d’une organisation du travail et de moyens adaptés.
     
    Comme le stipule l’article L230-2 du Code du travail le chef d’établissement doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs de l’établissement, y compris les travailleurs temporaires.
     
    Le chef d’établissement doit également mettre en œuvre des mesures de prévention des risques professionnels sur la base de principes généraux de prévention suivants :
     
    Eviter les risques ;
     
    évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ;
     
    combattre les risques à la source ;
     
    adapter le travail à l’homme,
     
    tenir compte de l’état d’évolution de la technique,
     
    remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas dangereux ou par ce qui est moins dangereux,
     
    planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l’organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l’influence des facteurs ambiants.
     
    Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle.
     
    Donner les instructions appropriées aux travailleurs.
     
     
    Sur la base de ces principes généraux de prévention et pour impulser leur application aux travaux en hauteur et notamment sur les poteaux nous demandons la réunion d’un CHSCT extraordinaire.
     
     
     
    Rennes, le 4 Mars 1999