Déclaration préalable

à la CLCN Territoriale de France Telecom

Direction Régionale de Bretagne

 

 

Monsieur le Directeur Régional,

 

Vous convoquez aujourd’hui jeudi 20 mars 2003 la Commission Locale dite de « Concertation et de Négociation » de la Direction Régionale de Bretagne avec à l’ordre du jour : le bilan de l’emploi 2002, les perspectives 2003 et la question de la mobilité  des fonctionnaires vers la sphère publique.

 

Les hasards du  calendrier font parfois bien les choses. En effet, demain vendredi 21 mars, l’ensemble des organisations syndicales de France Telecom appellent le personnel à la grève pour l’emploi, la pérennité des activités sur l’ensemble du territoire, la retraite, les salaires et le devenir de France Telecom, les droits et garanties collectives dont le statut de fonctionnaire, le maintien et le développement d’un véritable service public des Télécommunications au plus près des usagers.

 

Ce même 21 mars, la Confédération Européenne des Syndicats (CES) et les organisations syndicales françaises qui y sont affiliées ( CGT-CFDT-FO-CFTC,CGC, FSU,UNSA) appellent à une journée d’action sur l’emploi.

 

Dans un contexte où les plans de licenciements se multiplient en France et en Europe, l’emploi dans un secteur en plein développement comme celui des Télécommunications est bien une question centrale, surtout dans une entreprise en charge du service public et dont les décisions pèsent sur l’ensemble du secteur.

 

Or aujourd’hui, l’annonce faite par France Telecom de 13 000 suppressions d’emplois dans le groupe en 2003 qui se traduit  par moins 300 emplois dans la Direction Régionale de Bretagne seront autant de possibilités d’embauche qui ne pourront être faites.

 

Dans le même temps, pour rassurer les banquiers et la Bourse et permettre la recapitalisation de France Telecom en vue de sa privatisation totale, la direction de l’entreprise a fait le choix d’économies drastiques qui mettent en péril le développement et l’avenir de FT.

 

Le fameux plan TOP de Thierry Breton c’est faire payer aux salariés et aux usagers les frais des choix stratégiques désastreux faits par la direction précédente avec l’aval du gouvernement.


Le plan TOP c’est en Bretagne comme ailleurs

 

-    des services mis dans l’incapacité de fonctionner correctement,

-         des retards d’investissements notamment dans le réseau haut débit ( ADSL…) préjudiciables pour l’avenir donc l’emploi de demain

-         des agents conduits à travailler dans des conditions de plus en plus déplorables, des mobilités forcées  (comme celles envisagées pour des agents de Pleumeur Bodou ou celles réalisées à Chateaulin)

-         des restructurations à répétition mal vécues qui entraînent stress et arrêt de maladie

-          des pressions intolérables conduisant en désespoir de cause à des démissions qui s’apparentent à des licenciements économiques pour les salariés du privé, à l’écœurement de nombre de fonctionnaires  qui, sans perspective motivante à France Telecom, ne voient pas d’autre issue que de rechercher un poste ailleurs dans la sphère publique.

 

Les chiffres que vous annoncez sur ce sujet au niveau de la Bretagne ( 5 détachements en 2002 et 8 envisagés en 2003 ) démontrent que cette solution est bien illusoire compte tenu de l’évolution des effectifs dans la fonction publique.

 

Ce sont aussi des atteintes à la dignité de plus en plus nombreuses, un arsenal de pressions sur ceux qui résistent, sur les militants syndicaux.

 

Et comme si cela ne suffisait pas, France Telecom va même jusqu’à vouloir imposer une « charte d’éthique » menaçant de sanctions les personnels en cas de « dénigrement de l’entreprise ou de ses dirigeants en interne ou en externe » ! ! ! !

 

Qui peut croire aujourd’hui qu’en favorisant un tel marasme économique et social nos dirigeants travaillent pour l’avenir de l’entreprise ?

 

Loin de conduire à un redressement le plan TOP risque de faire entrer France Telecom dans une spirale régressive : les suppressions d’emplois, d’autres restructurations comme celle de la fusion des URR de Rennes et de Quimper, la dégradation du réseau faute d’entretien et de modernisation, un recentrage sur les seules activités rentables ce qui  est contraire au service public.

 

Nous pensons que d’autres alternatives sont possibles et qu’il y a besoin de développer la présence de France Telecom sur tout le territoire national, de répondre aux énormes besoins insatisfaits des populations ( en matière de mobile, d’internent…), de bâtir un réseau unique et cohérent avec la pose de fibres optiques jusque chez l’abonné.

 

  Pour cela il faut sortir France Telecom de la logique financière et boursière ce qui suppose une ré-appropriation publique totale par l’Etat et les 9 milliards d’euros mis à disposition par le gouvernement peut y contribuer.

Pour marquer notre opposition fondamentale aux choix de restructuration ou de casse des services  qui se traduisent par 300 suppressions d’emplois, la perte des compétences , l’affaiblissement du service public et la dégradation des conditions de travail nous ne siègerons pas cette CLCN territoriale et  nous appelons le personnel à agir massivement dans l’unité le 21 mars 2003.