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Intervention de Guy Jourden
groupe CGT sur l'activité des services de l'état en Bretagne 2004
Séance plénière du CESR Le 3 octobre 2005
Monsieur le Président du Conseil Economique et Social Régional Mesdames Messieurs les membres du CESR
Le rapport d'activité des services de l'état en 2004 dans la région Bretagne est établi sur l'air de « tout va très bien Madame la Marquise » A sa lecture on pourrait croire que la vie des salariés et de la population bretonne est « un long fleuve tranquille » guidé par une décentralisation, une réforme de l'état et une LOLF qui auraient pour seuls objectifs d'améliorer les services publics et d'assurer la cohésion territoriale et sociale de notre Région.
La réalité vécue par les salariés actifs et retraités et la majorité de la population bretonne est tout autre. Ces derniers constatent que le désengagement de l'état s'amplifie comme dans l'ensemble des régions par des transferts de compétences et de personnels comme les TOS de l'éducation nationale, des agents de la DDE, de l'AFPA etc.. transferts qui ne sont pas entièrement compensés.
Le but pour l'état est bien de rentrer dans les critères du pacte de stabilité européen par un transfert de l'impôt national et de la dette de l'état vers les régions qui sont contraintes d'augmenter les impôts locaux.
La réforme de l'état par des suppressions de services de proximité et d'emploi de fonctionnaires entre également dans ce schéma.
L'un des 5 défis du PASER rappelés dans le rapport est « d'assurer la cohésion territoriale et sociale de la Bretagne ».
Pourtant la casse des services publics se poursuit particulièrement en centre bretagne. Fermetures de bureaux de plein exercice à la Poste, de classes ou d'écoles, de maternité ou de services hospitaliers, remise en cause de lignes Corail que l'état ne veut plus financer, font la une de la presse et démontrent que la cohésion territoriale et sociale est menacée..
La population l'a bien compris et s'exprime dans des rassemblements pour la présence et le développement des services publics comme au Faouët le 7 mai 2005, dans le Trégor, à Quimperlé récemment ou par l'intermédiaire d'une pétition pour le maintien des dessertes Corail.
La mise en place de pôles de compétitivité autre défi du PASER risque également de mettre à mal la cohésion territoriale surtout si l'état impose un zonage inter-régional
La cohésion sociale et territoriale souffre également de la spéculation foncière qui crée une flambée des prix dans l'immobilier avec des répercussions sur les loyers particulièrement autour des villes et sur la zone côtière. Les ménages modestes doivent s'éloigner de plus en plus des villes et de leur lieu de travail et prennent de plein fouet l'augmentation du prix des carburants.
Le soutien de l'état à la création d'un établissement public foncier qui prendra du temps pour être véritablement efficace ne peut être la seule réponse à ce problème du logement qui devient crucial particulièrement pour les jeunes.
La lecture du rapport d'activité page 14 confirme le retard pris dans l'exécution du Contrat de
Plan Etat Région. Le taux d'exécution est de 51,3% or il devrait être après 5ans de 71,4%
(5/7)
Ce retard reflète aussi un désengagement important de l'état et ne peut que nous inquiéter sur
l'avenir des CPER évoqué page 15.
La CGT rappelle son attachement aux contrats de plan ou à tout autre contrat qui lie l'état à la Région. Nous ne saurions accepter la disparition d'outils, certes du passé, mais qui ont fait preuve de leur efficacité, sans mettre en place une solution de remplacement.
Pour la CGT, les politiques régionales doivent contribuer à faire reculer les inégalités sociales et territoriales au lieu de les aggraver. Cela passe par le maintien du caractère national des services publics et de leurs missions et par un développement de ces missions dans les régions.
L'organisation d'états généraux des services publics dans les territoires favoriserait l'intervention des usagers, des élus locaux, des syndicats et associations et permettrait de définir les contours des services publics d'état et territoriaux nécessaires pour répondre aux besoins de la population.
Nous pensons que la nation et l'état ont un rôle essentiel pour assurer une péréquation nationale des financements pour faire reculer les inégalités territoriales. Cela passe par une réforme nationale profonde des financements et de la fiscalité.